Travailler le style du cheval
Le 07 décembre 2004
Source : Cavadeos.com
Franchir correctement un obstacle, et à fortiori en enchaîner plusieurs, demande au cheval de maîtriser la technique du saut. Appel, planer, réception, pour chacune de ces phases il doit être capable de faire les gestes adéquats. Le travail peut l’aider à les acquérir ou les perfectionner. Conseils de Bruno Boucqsault, instructeur à Phalempin (59) et cavalier de 2è catégorie mentor de Nicolas Delmotte, et de Franck Schillewaert, cavalier réputé de jeune chevaux
Franchir correctement un obstacle, et à fortiori en enchaîner plusieurs, demande au cheval de maîtriser la technique du saut. Appel, planer, réception, pour chacune de ces phases il doit être capable de faire les gestes adéquats. Le travail peut l’aider à les acquérir ou les perfectionner. Conseils de Bruno Boucqsault, instructeur à Phalempin (59) et cavalier de 2è catégorie mentor de Nicolas Delmotte, et de Franck Schillewaert, cavalier réputé de jeune chevaux. Les gestes pour franchir un obstacle
Au moment de l’appel le cheval doit lever ses antérieurs . En phase ascendante il se propulse avec les postérieurs. Puis il monte son garrot pour passer son dos au dessus de la barre, et replie ses postérieurs en phase descendante. Cet enchaînement demande de la coordination, de la souplesse, des réflexes et suffisamment de force. De plus, les parcours actuels étant de plus en plus techniques, avec des enchaînements rapides et délicats, le cheval doit récupérer très vite son équilibre et sa foulée de galop. Il faut donc travailler ce qui se passe avant et après le saut.
Les défauts de style
Si le cheval prend son appel trop près, il ne peut pas réaliser un bon geste des antérieurs et monter son garrot. Certains chevaux lèvent insuffisamment les antérieurs, ou les montent de façon dissymétrique. D’autres se déportent au moment de l’appel, se vrillent au dessus de l’obstacle, sautent creux ou ont du mal à passer les postérieurs. Certains défauts sont dus à un mauvais apprentissage technique : le cheval confronté trop tôt à des situations difficiles n’a pu s’en sortir que par des solutions non conventionnelles. La position du cavalier influe également de façon très importante.
L’importance des qualités naturelles
Un cheval dénué de dispositions naturelles au saut aura beaucoup de mal à devenir performant. On va rechercher un cheval très équilibré, en particulier au galop. Ses foulées doivent être de cadence et d’amplitude régulières, sur les plat mais aussi à l’abord et à la réception de l’obstacle. Ensuite le cheval doit être respectueux des barres. Le manque de respect est un défaut très difficile à corriger. La rapidité du geste des antérieurs est aussi très importante. Enfin si le cheval a en plus des moyens, c’est à dire de la force et de la puissance, on se rapproche de l’idéal.
Les exercices améliorant le style
On intervient sur la cadence et l’amplitude des foulées par des barres de réglage devant et derrière l’obstacle. On canalise un cheval qui dévie, posant des barres par terre perpendiculairement à l’obstacle, ou une barre sur l’obstacle du côté où il dévie. Deux barres en V sur le premier plan de l’obstacle, un oxer montant dont le premier plan est une croix, des barres d’appel éloignant légèrement de l’obstacle développent le geste des antérieurs. Réflexe et souplesse se travaillent sur des lignes de trois ou quatre obstacles. L’équilibre, la force et la musculature se développent sur le plat. Un minimum de dressage
Le cheval doit être capable de réaliser des transitions ascendantes et descendantes en conservant son équilibre, doit apprendre à abaisser ses hanches, à allonger ou raccourcir ses foulées à la demande ou faire un nombre de foulées déterminé entre deux points. Aujourd’hui pour être classé il faut être sans faute et aller vite. Il faut donc pouvoir accélérer mais aussi et surtout pouvoir rééquilibrer très rapidement avant l’obstacle suivant ou un virage serré. Il faut donc travailler les changements de direction, les transitions, les changements de pieds, le galop à faut, etc… L’attitude du cavalier
L’attitude du cavalier est essentielle au bon déroulement du saut. Il ne doit pas perturber le cheval, et dans tout les cas doit être en mesure de sentir ce qui se passe pour s’y adapter au mieux. Le cavalier doit garder ses épaules au dessus de ses pieds, avec son poids réparti également sur les deux étriers. L’action de main doit être la plus légère possible à l’abord pour ne pas bloquer le garrot mais le contact doit être permanent et léger. Le dosage de l’assiette et des jambes est primordial. A la réception le cavalier doit se redresser rapidement et retrouver facilement son équilibre. Le style chez les jeunes chevaux
Dès le début il faut commencer à travailler le style pour ne pas laisser s’installer de mauvaises habitudes ou des défauts. On commence le travail à l’obstacle quand les bases sont acquises sur le plat : partir à la jambe, revenir à la main, changer de direction sans problème. Dès 3 ans 1/2 – 4 ans, le saut en liberté, aux deux mains, permet d’éviter la contrainte du cavalier. Les jeunes chevaux apprennent à trouver leurs marques tout seuls et à monter les antérieurs. Lors du travail monté, on répète souvent les mêmes sauts pour créer des automatismes, sur des obstacles de couleurs et de formes différentes.
Les contraintes inhérentes au jeune cheval Le jeune cheval est encore en période de croissance, et sa condition physique, son état général sont à prendre en compte. Il faut être vigilant à toute baisse de forme. Un cheval qui n’est pas sain, qui a des problèmes de dentition (fréquents à cet âge) ou qui a mal quelque part ne peut pas se concentrer correctement. Il faut aussi lui préserver le mental, car un bon cheval d’obstacle doit être bien dans sa tête. Plus on commence tôt le travail, plus on peut y aller progressivement, pour lui apprendre tranquillement les gestes et techniques de l’obstacle. Il ne faut pas brûler les étapes.
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