Loungta, les chevaux de vent
Le 05 décembre 2004
Source : equestre.ma
Loungta, les chevaux de vent est le titre du tout dernier spectacle présenté en ce moment par la célèbre troupe de théâtre équestre Zingaro. Ce spectacle, écrit et mis en scène par Bartabas, le cavalier poète, est une création inspirée par le Tibet.
Le silence se fait, les gongs retentissent, les moines entament leurs chants de gorge, les lumières s’allument. Nous voyons les moines tibétains, installés en hauteur, qui vont accompagner les deux heures de spectacle avec leurs chants traditionnels graves.
Un voile transparent masque la piste ; il est décoré de motifs évoquant l’Asie et des chevaux se trouvent à l’intérieur. Après quelques minutes, le voile se lève et les chevaux sortent de piste. Vient ensuite un danseur tibétain, dont les mouvements mesurés et précis évoquent certains enchaînements d’arts martiaux, puis un premier cheval monté arrive sur la piste.
Plusieurs personnages en costume de squelette rouge et blanc, masqués avec des têtes de morts, effectuent des exercices de voltige avec leurs chevaux lancés au galop. Debout sur la croupe du cheval, saut, équilibre, passage d’un flanc du cheval à l’autre, ils enchaînent des figures spectaculaires.
Plus tard, six acrobates réalisent une prouesse à couper le souffle : ils forment une pyramide humaine sur trois chevaux lancés sur la piste, debout derrière des cavaliers qui dirigent les montures.
Une des scènes finales est superbe. Une dizaine de cavaliers (vêtus à la manière des habitants des hauts-plateaux) sont sur la piste avec une douzaine de chevaux et chacun s’adonne à sa spécialité : acrobaties, sauts, voltige, certains sont debout sur deux chevaux lancés au galop. Elle se conclut par une cavalcade énergique qu'on n'espérait plus.
Bartabas, le cavalier poète ombrageux, fondateur de Zingaro et metteur en scène, apparaît à plusieurs reprises, seul en piste sous le voile bien éclairé. Il fait exécuter à ses montures diverses figures techniques, élégantes et complexes.
Loungta, c’est un spectacle plein de poésie et de douceur où le cheval, dans toute sa grâce et sa beauté, est au service de la splendeur. C’est aussi un spectacle qui comme le cri étouffé des moines tibétains, hymne au silence des hommes face à la douleur, comprend, contemplatif et sincère, que la violence que subit ce peuple peut être transcendée par l’Art, jusqu’à ce qu’un jour, peut-être…
Abdelwouhab Benabdeljalil
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